VISITES

De: Jon Fosse
Mise en scène: Frédéric Garbe
Avec: Françoise Huguet, Pauline Méreuze, Romain Pellet et Gilbert Traïna

Photographie © Pascal Fayeton

Visites de Jon Fosse met en scène une famille : la mère, la fille, le frère et l’ami de la mère. Le père est absent, on ne sait rien de lui, et le déséquilibre que cela provoque dans la cellule familiale semble être le point de départ.

Cette absence plane sur les personnages et la fille confie au frère que l’ami de sa mère lui a touché les seins. Pas d’autre événement que cet acte, dont on ne sait s’il est vrai ou inventé.

Photographie © Pascal Fayeton

Cette pièce parle du vide, de confusion et de l’absence, du manque de motivation. Elle traite de l’angoisse de notre société face à ses enfants rendus étrangers à leur propre existence, aux rapports entre les êtres qui sont des inconnus les uns pour les autres, et face à des existences rendues invivables.

Photographies © Pascal Fayeton

Le choix de ce texte s’est fait car il a toutes les caractéristiques d’un vaudeville dépressif et vertigineux.
Huis clos familial, appartement, entrées, sorties, portes qu’on ouvre et qu’on ferme, discussions, règlements de compte… sont autant d’ingrédients que l’auteur utilise, faisant évoluer les quatre membres de cette famille dans un univers clos.

Porté par le rythme et la musicalité entêtante d’une langue répétitive et quotidienne propre à Jon Fosse, ce spectacle pose un regard aussi inquiétant que drôle sur les rapports humains, l’enfance et la famille.

Photographie © Pascal Fayeton

Ce que je souhaiterais voir s’exprimer dans ce spectacle implique essentiellement le jeu des comédiens. Il nous faudra trouver un équilibre délicat entre le mystère des personnages et l’apparente banalité de leurs paroles, entre un naturalisme, dont les codes empruntent au vaudeville, au théâtre bourgeois ou au cinéma et la puissance évocatrice de l’écriture de l’auteur.
Il faudra traiter les différentes scènes de manière à ce que puissent cohabiter la force du drame que vivent les personnages et la légèreté de leur ton, leur détermination à agir et leur incapacité à le faire, l’humour et le pathétique : ce qui compose l’humain dans toute son imperfection.
La volonté est de multiplier les pistes, ne rien résoudre. Je voudrais que ce que l’on voie et entend ne puisse pas s’appréhender uniquement par une compréhension rassurante, se résumer à un concept : toujours préserver l’énigme, celle du texte et celle des personnages, laisser le spectateur décider de ce qu’ils sont, et y projeter ses propres angoisses, le laisser choisir entre le drame et la comédie.

– Frédéric Garbe

LA PRESSE

“ Frédéric Garbe signe une mise en scène glaçante : il amplifie le néant relationnel pour que le vide soit un trop-plein de non-sens. Il rigidifie les mouvements pour les déconnecter de la relation (…). Il instaure un climat insécurisant en jouant avec la musique, bande-son pour flip théâtral et chœur d’une armée de déserteurs.
Peu à peu, chacun semble perdre son statut dans un magma d’intrigues où le non-dit n’est plus un secret, mais un fonctionnement. Les acteurs sont formidables dans cette mise en abîme angoissante : au vide des dialogues de John Fosse, se superpose une mise en scène d’un néant morbide. ”

Pascal Belly
Le Blog du Tadorne

“ La mise en scène de Frédéric Garbe est précise. Atone. Hachée. Passive comme la jeune fille. Les silences entre les répliques, systématiques, installent un temps irréel dans un décor d’un réalisme de vaudeville (canapé, table basse, portes, bruits de pas dans le couloir…).
Des temps d’attente. Parfois interminables. Et répétés. Qui empêchent qu’on entre dans la fiction, mais disent parfaitement le malaise. ”

Agnès Freschel
Zibeline

DIFFUSION

2011-2012

14 au 18.03.12 - Théâtre Liberté - scène nationale, Toulon (83)

2012-2013

01.02.13 - Théâtre de la Licorne Made in Cannes, Cannes (06)

15.01.13 - Aggloscènes Le Forum, Saint-Raphaël (83)

Mathieu Hours. Création sonore

Mathieu L’Haridon. Décor et régie générale

Jean-Louis Barletta. Création lumière

Pascal Fayeton/Ronan Le Roux. Photos

Terje Sinding. Traduction

Création 2011-2012

L’Arche est éditeur et agent théâtral du texte représenté.

Production L’autre Compagnie.

Coproductions : 3bisF, Théâtres en Dracénie, la Ville de Saint-Raphaël et le C.N.C.D.C de Châteauvallon - Scène Nationale (dans le cadre d’une résidence de création).

Avec le soutien de la Ville de Toulon,

du Conseil Départemental du Var, de la Région PACA, de la DRAC PACA

et du Fonds d’Insertions aux Jeunes Artistes Dramatiques.